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Êtes-vous une personne contemplative ?
PAR DIANE LENCRE
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Il y a des silences qui racontent plus que mille mots.
Des regards posés sur une flaque, sur une branche, sur un nuage trop lent… et tout à coup, le monde ralentit. Ce n’est pas de la paresse. Ni de la distraction. C’est autre chose. Plus flou. Plus profond.
Alors… êtes-vous une personne contemplative ? (Et que veut dire “contemplatif”, d’ailleurs ?)
Spoiler : ce n’est pas “rêvasser sans but”. Ni “perdre son temps à regarder le vide”.
C’est plutôt une manière de voir. Une façon d’être au monde. Un peu comme écouter la pluie tomber sans penser à courir chercher un parapluie.
La contemplation, ce n’est pas ce que vous croyez
Oubliez l’image du sage assis en tailleur face au Mont Fuji.
Ou du moine tibétain en méditation suspendue.
On est tous, parfois, contemplatifs… sans le savoir. En voiture, nez collé à la vitre, à suivre les gouttes qui courent sur le pare-brise. En regardant le linge qui danse au vent. En écoutant un vinyle qui craque un peu.
Ça ne fait pas avancer le monde ? Peut-être. Mais ça le rend habitable.
La contemplation, c’est ce moment suspendu où on ne fait rien… mais où tout se passe. Où l’on sent une présence accrue, une densité nouvelle. Où l’ordinaire devient un peu sacré.
Et c’est là que ça pique un peu : dans un monde d’agenda, de notifications et de “toujours plus”, contempler, c’est presque rebelle.
Comment reconnaître un esprit contemplatif ?
Il ne va pas cocher les cases dans un tableau Excel.
Ni brandir son badge “Team lenteur”. Mais il y a des indices. Des petits signes qui ne trompent pas.
Vous pouvez rester longtemps à observer une flamme
Pas pour analyser la combustion.
Juste… parce que c’est beau. Hypnotique. Presque vivant.
Chaque langue de feu danse à sa manière. Et vous pourriez rester là des minutes entières sans vous lasser.
Vous parlez aux objets (et vous les écoutez)
Un bol ébréché peut vous toucher. Une vieille porte grinçante vous raconte des histoires.
C’est fou, mais les objets vous semblent pleins d’âmes. Pleins de murmures.
Vous n’aimez pas “faire passer le temps”
Tiens, cette expression, justement. “Faire passer le temps”. Comme si le temps était un chewing-gum à mâcher en attendant mieux. Un contemplatif, lui, le goûte, le mâche doucement, sans le jeter à la poubelle dès qu’il a perdu son goût.
Vous avez le goût du détail
Pas obsessionnel, non. Juste attentif. Une miette sur la nappe. Un éclat de lumière dans les cheveux de quelqu’un. Une tache d’humidité en forme de dragon sur le mur. Vous voyez ce que d’autres oublient.
Et parfois, ça fait rire les autres. “Tu regardes quoi, là ?” — “Rien… enfin si, cette brindille. Elle est incroyable.”
(Mais qui comprend ça ?)
Contempler, c’est ralentir… mais pas s’endormir
On confond souvent contemplation et lenteur.
Et pourtant, certaines personnes contemplatives vivent à cent à l’heure. Mais elles gardent une sorte de double-vitesse : à l’extérieur, ça file ; à l’intérieur, ça respire.
Elles marchent vite, oui. Mais elles sentent la texture du vent contre la joue.
Elles parlent fort, peut-être. Mais elles entendent le silence entre deux phrases.
C’est une forme d’intensité. Pas une sieste éveillée. Plutôt une lucidité tranquille.
Et ça, c’est précieux. Parce que dans un monde qui crépite, qui clignote, qui buzz en permanence… ces moments de contemplation sont comme des îlots. Des refuges. Des morceaux de nuit au milieu du jour.
Est-ce que c’est inné ou ça se cultive ?
Bonne question. On aurait envie de répondre : les deux.
Certaines personnes naissent avec cette disposition. Comme une antenne sensible tournée vers l’invisible. Elles captent. Elles ressentent. Même dans le bruit.
Mais pour d’autres, c’est une posture qui se construit. Qui s’apprend. Qui s’apprivoise.
En s’ennuyant un peu plus souvent
L’ennui… ce gros mot. Et pourtant, c’est là que germent les plus belles graines.
Quand on ne fait rien. Quand on laisse le vide faire son travail.
C’est dans ces moments-là que la contemplation se glisse. À pas feutrés.
En laissant du temps non programmé
Pas si facile. Mais essentiel.
Un créneau sans objectif. Sans “à faire”. Juste pour être. Flâner. Regarder le ciel changer. Écouter une porte qui claque au loin. Ou sentir l’odeur du pain qui sort du four (vous voyez cette odeur ? chaude, croustillante, presque dorée ?)
En écoutant sans interrompre
Ça paraît simple. Mais c’est un art.
Écouter un ami. Une musique. Un silence. Sans chercher à répondre. Ni à commenter. Juste… être là. Témoin.
Mais… à quoi ça sert, concrètement ?
(Réflexe moderne : tout doit servir à quelque chose.)
Alors bon, allons-y. Voici quelques bienfaits de la contemplation (oui, même le cerveau y gagne).
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Réduction du stress : les études le confirment, ralentir le flot de pensées apaise.
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Clarté intérieure : quand on arrête de courir, les idées se décantent.
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Créativité renforcée : c’est dans le vide que naissent les connexions neuves.
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Meilleure attention : observer aiguise les sens, affine l’écoute.
Mais au fond… ce n’est pas pour ça qu’on contemple. On contemple parce que ça fait du bien. Point. Comme caresser un chat, ou regarder le ciel changer de couleur le soir.
Peut-on être contemplatif et connecté ?
Voilà une question qui gratte un peu.
On vit dans un monde d’écrans. De scroll infinis. De ping ping ping permanent. Alors peut-on encore contempler, là-dedans ?
La réponse ? Oui. Mais… avec conscience.
Regarder une vidéo YouTube peut être une forme de contemplation si on la regarde vraiment. Pleinement. Sans zapper toutes les deux secondes. Lire un article lentement. Fermer les yeux après un paragraphe. Faire pause. Respirer.
Contempler, c’est moins ce qu’on fait… que comment on le fait.
Et si on réapprenait à ne rien faire ?
C’est peut-être ça, la révolution douce.
Réapprendre à ne rien produire. Ne rien poster. Ne rien rentabiliser. Juste être là. Entier.
Regarder un arbre. Écouter un ruisseau. Sentir une vieille couverture rêche. Observer la buée sur la vitre. Goûter un thé qui refroidit doucement.
Ne rien faire… et tout vivre.
On ne devient pas contemplatif comme on suit une mode.
C’est une attention. Une qualité de présence. Une forme de tendresse pour le réel.
Et si vous vous reconnaissez dans tout ça…
si vous aimez les silences denses, les détails qui parlent, les instants qui ne servent à rien (mais qui font tout)…
alors oui, sans doute.
Vous êtes de ceux qui regardent le monde un peu autrement.
Et ça, c’est peut-être le plus beau super-pouvoir du moment.
Source:
Inspiré des réflexions de Richard Rudd dans L’Art de la Contemplation : le doux chemin vers la plénitude et la prospérité, et de l’ouvrage lumineux de Franz Jalics Ouverture à la contemplation.
NB
Cet article propose une exploration personnelle et sensible de la contemplation, inspirée d’ouvrages reconnus dans le domaine spirituel et philosophique. Il ne remplace en aucun cas un avis médical, psychologique ou thérapeutique. Chacun est invité à suivre son propre rythme et à consulter un professionnel en cas de besoin spécifique.
À propos de l’autrice
Diane Lencre, rédactrice pour Rose La Lune Paris, écrit comme on souffle un vœu à la lune. Guidée par les cycles lunaires et portée par une passion sincère pour le bien-être, elle partage des mots de douceur, d’inspiration et de tendresse pour éclairer les chemins intérieurs.
Ma manière de travailler:
Je lis beaucoup les traditions anciennes, celles qui éclairent les rêves et les signes depuis des générations. Je m’en inspire, mais je les mêle toujours à ce que j’observe autour de moi, aux histoires que vous partagez, aux gestes silencieux du quotidien. Ce mélange me permet de proposer des lectures qui restent fidèles aux sources, mais qui parlent aussi au cœur d’aujourd’hui.
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Diane les lit tous… et prend toujours le temps d’y répondre.
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