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Les énergies fondamentales en Ayurvéda : Vâta, Pitta et Kapha
PAR DIANE LENCRE
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Trois souffles, trois humeurs, trois mondes intérieurs
En Ayurvéda, on ne parle pas juste de santé. On parle d’harmonie. De climat intérieur. D’équilibre sacré. À la racine de cette sagesse millénaire venue d’Inde, il y a trois énergies vitales. Trois doshas. Trois souffles qui sculptent nos humeurs, nos corps, nos réactions. Vâta, Pitta, Kapha. Rien que leurs noms résonnent comme une incantation.
Ce ne sont pas des cases. Ce sont des mouvements, des rythmes, des états. On n’est jamais figé dans un seul dosha, on est un mélange mouvant. Comme la météo d’une âme.
Vâta : l’air en cavale
Imaginez un vent chaud qui change de cap sans prévenir. Vâta, c’est ça. L’énergie du mouvement. Elle circule, elle anime, elle pousse à l’action puis à l’errance. Air et éther sont ses éléments. Elle rend curieux, créatif, rapide comme une étincelle… mais aussi dispersé, instable, sec.
Un Vâta en équilibre, c’est un danseur de l’esprit. Inspiré, léger, aérien. Un Vâta en déséquilibre, c’est un papillon affolé, anxieux, incapable de dormir, digestif en vrac. On parle vite, on pense trop, on oublie tout. Le mental devient une tornade.
Les signes ? Peau sèche, frilosité, douleurs volantes, idées qui défilent comme un train sans gare. Et cette impression de toujours manquer de temps. Vâta est gouverné par la finesse et le vide. Quand il s'emballe, on se perd.
Pitta : le feu au ventre
Pitta, c’est feu et eau. L’alchimie de la digestion, de la logique, de la transformation. Cette énergie donne le sens du détail, de la stratégie, du timing parfait. Elle est intense. Elle veut comprendre, trancher, avancer.
Quand Pitta est là, on bosse tard. On vise juste. On n’a pas froid aux yeux. Mais si elle déborde, cette flamme brûle tout sur son passage. L’irritabilité monte, les colères éclatent, l’ambition devient obsession. Corps surchauffé, inflammations, reflux, peau rouge… Le feu interne ne demande qu’une goutte d’huile pour s’embraser.
Pitta a souvent les yeux perçants. Une parole franche. Un rythme soutenu. C’est le capitaine du navire. Mais s’il oublie l’écoute… il navigue seul.
Kapha : la rivière tranquille
Kapha, c’est terre et eau. Une énergie douce, nourrissante, rassurante. Celle qui ancre. Qui apaise. Qui donne une présence calme, presque lunaire. C’est l’ami qui écoute sans juger. Le corps solide. La mémoire fidèle. Le cœur grand ouvert.
Mais quand Kapha stagne… on glisse dans la paresse. Le repli. Les larmes lourdes. Le sommeil excessif. La prise de poids. Le sentiment de porter un manteau mouillé même sous le soleil.
En équilibre, Kapha est un havre. Une cabane dans la forêt. En excès, c’est un marécage d’émotions contenues, un attachement au passé, une lenteur qui devient inertie.
Et vous, vous êtes quoi ?
Personne n’est 100% Kapha ou 100% Vâta. On est un cocktail unique, un peu comme une recette d’enfance. Une dominante, parfois deux. L’Ayurvéda ne vous fige pas dans une identité, elle vous aide à reconnaître vos tendances naturelles.
C’est ça la clé. Se connaître. Comprendre ce qui, en nous, s’agite trop, ou pas assez. Voir ce qui s’éteint ou s’enflamme. Et ajuster, doucement. Pas avec des injonctions, mais avec du ressenti.
Manger selon son dosha ? Oui, mais…
Un Pitta aura intérêt à fuir les plats épicés. Un Kapha, à éviter les excès de sucre ou de fromage fondant (oui, celui qui fait fondre aussi le moral). Un Vâta ? Il a besoin de chaud, de moelleux, de réconfort.
Mais l’alimentation ayurvédique n’est pas une punition. C’est une tendresse. Un dialogue avec le corps. On nourrit ce qui manque. On calme ce qui s’emballe.
Un peu comme on borde un enfant agité. Ou qu’on réveille doucement un ami engourdi.
La routine, le grand médicament oublié
Ce qui soigne un dosha… ce n’est pas juste une tisane. C’est une hygiène de vie. Une ritualisation douce du quotidien. On se lève avec le soleil (même si c’est dur au début). On masse le corps à l’huile tiède. On mange à heures fixes. On crée une régularité qui rassure.
Et surtout, on observe. L’humeur, l’énergie, la peau, la langue. Rien n’est anodin. Chaque détail raconte l’état de nos doshas. L’Ayurvéda, c’est une loupe sur le vivant.
Et quand les saisons s’en mêlent…
L’hiver éveille Kapha. Le vent d’automne, Vâta. L’été embrase Pitta. Alors nos besoins changent. Notre équilibre aussi. L’Ayurvéda nous rappelle que nous sommes cycliques, comme la lune, comme la nature. Rien n’est figé. Tout évolue.
Écouter son corps, c’est presque un art. Un truc qu’on a oublié entre deux mails et trois coups de fil. Mais l’Ayurvéda est là pour ça : réapprendre à se relier. À soi. À la Terre. Au temps.
Pourquoi ça touche autant aujourd’hui ?
Parce qu’on court. On stresse. On digère mal. On dort peu. Nos doshas sont sans dessus dessous. Et surtout, on a soif de sens. De traditions qui parlent vrai. Qui parlent lentement. Qui disent : “Regarde, tout est déjà là. Ton corps sait.”
Et ce qui est beau avec l’Ayurvéda, c’est que ce n’est pas un dogme. C’est une voie d’observation. Une poésie du vivant. On n’a pas besoin d’être parfait. Juste d’être présent.
💫 Vâta, Pitta, Kapha. Ce ne sont pas des mots exotiques. Ce sont des clés intimes. Des pistes pour habiter son corps autrement, l’écouter, le chérir. Ce ne sont pas que des concepts indiens. Ce sont des murmures universels.
Et peut-être que la vraie révolution, aujourd’hui, c’est ça : ralentir. Respirer. Et entendre ce que notre feu, notre air, notre terre... ont à nous dire.
Pour aller plus loin…
C’est quoi un dosha dominant ?
C’est le dosha qui mène la danse. Celui qui façonne le plus votre énergie, vos réactions, vos fragilités. Une sorte de note principale dans votre symphonie intérieure. On peut en avoir un, deux, parfois même trois en équilibre (rare, mais possible). Ce n’est pas une étiquette. C’est une météo intérieure à observer avec douceur.
Comment connaître son dosha sans partir en Inde ?
Pas besoin de tapis volant ni de guru à moustache. Il existe des tests en ligne, oui. Mais le vrai révélateur, c’est l’observation quotidienne : votre appétit, votre sommeil, vos émotions, votre peau… tout parle. Pour aller plus loin, un praticien ayurvédique peut vous guider avec finesse.
Peut-on équilibrer ses doshas sans tout chambouler ?
Heureusement. L’Ayurvéda, c’est pas l’armée. C’est du bon sens. On peut commencer petit : se coucher plus tôt, manger chaud si on est frileux, ralentir après 17h quand Pitta s’énerve… C’est un ajustement, pas une révolution. Et le corps, souvent, dit merci très vite.
Et le maquillage ayurvédique, ça veut dire quoi ?
Un vrai petit trésor. Il respecte votre peau, votre nature, vos énergies. Pas de chimie agressive. Des plantes, des huiles, des couleurs douces qui soignent autant qu’elles subliment. On parle de khôl au charbon, de rouges à lèvres au beurre de karité, de soins teintés qui font du bien. Le maquillage devient un rituel. Une caresse. Pas un masque.
Les doshas, ça change au fil du temps ?
Oh que oui. On n’a pas le même feu à 20 ans qu’à 50. Le dosha dominant évolue, selon l’âge, les saisons, les émotions. Vâta augmente souvent avec le temps. Pitta s’embrase à l’âge adulte. Kapha domine l’enfance. Rien n’est figé. On danse avec la vie.
À propos de l’autrice
Diane Lencre, rédactrice pour Rose La Lune Paris, écrit comme on souffle un vœu à la lune. Guidée par les cycles lunaires et portée par une passion sincère pour le bien-être, elle partage des mots de douceur, d’inspiration et de tendresse pour éclairer les chemins intérieurs.
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Diane les lit tous… et prend toujours le temps d’y répondre.
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