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Qu'est-ce qu'une sorcière vaudou?
PAR DIANE LENCRE
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Vous avez entendu parler des sorcières vaudou, mais que sont-elles vraiment ? Loin des clichés des films d’horreur, une sorcière vaudou (ou mambo) est une prêtresse qui maîtrise les rituels et les esprits dans la pratique du vaudou. Cette religion, née en Afrique de l’Ouest et développée dans les Caraïbes, est bien plus profonde qu’on ne le pense...
Traditionnellement, la sorcière vaudou est souvent représentée de manière stéréotypée et influencée par les médias.
La sorcière vaudou est bien plus qu'un personnage de légende ; elle est une figure culturelle riche, complexe et en constante évolution. Elle incarne la richesse du vaudou, un monde où la spiritualité, la guérison et la culture s'entremêlent. En comprenant la véritable nature de la sorcière vaudou, on découvre un aspect fascinant de la diversité culturelle et spirituelle de notre monde.NB. Le mot “sorcière vaudou” vient surtout de l’imaginaire occidental. Dans les communautés concernées, on parle plutôt de mambo pour une prêtresse, ou de houngan pour un prêtre. Ces figures ne jettent pas des sorts façon cinéma. Elles accompagnent, soignent, écoutent les ancêtres. Elles connaissent les Loas par leur nom, leur offrande, leur chanson.
La “sorcière vaudou”, telle qu’on l’imagine parfois, est un mélange de fantasmes coloniaux, de peur de l’Autre, et de contes hollywoodiens. Rien à voir avec la réalité des pratiques rituelles, ancrées dans la terre, dans le souffle, dans la mémoire des peuples réduits au silence.
Et puis le vaudou, ce n’est pas un bloc figé. C’est un arbre aux mille branches :
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Au Bénin, c’est une religion officielle. On y vénère les Voduns dans des temples, avec des prêtres initiés.
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En Haïti, le vaudou s’est mêlé au catholicisme et aux cicatrices de l’esclavage. Il est devenu outil de résistance et d’identité.
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En Louisiane, il s’est enrichi d’apports créoles, amérindiens, européens. Plus métissé, plus diffus, mais toujours relié aux racines.
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Au Brésil ou à Cuba, sous d'autres noms comme candomblé ou santería, la même sève coule, nourrie par des rituels différents.
Ces courants n’ont rien d’un folklore “new age”. Ce sont des cosmogonies, des visions entières du monde. Chaque objet, chaque tambour, chaque mot parlé en langue sacrée a un poids.
Et aujourd’hui encore, le vaudou ne disparaît pas. Il se transforme. Il s’actualise. Il migre. Il parle WhatsApp et Loa dans la même phrase. Mais il ne se donne pas. Il s’hérite, ou il vous choisit.
S’en revendiquer sans transmission ? C’est comme porter un masque sans connaître le visage.
Le vaudou mérite mieux que l’exotisme. Il mérite le respect.
Le vaudou : une tradition mystique et universelle
Le vaudou, c’est bien plus qu’un simple culte. C’est une porte ouverte sur l’invisible, un dialogue entre les esprits et les humains. Né en Afrique de l’Ouest, il trouve ses racines chez les peuples Adja-Ewe-Fon. Ce culte se nourrit des forces naturelles, honore les ancêtres, et vibre avec l’énergie de l’univers.
Une traversée des océans
Au XVIIe siècle, l’histoire prend un tournant brutal. Arrachés à leurs terres, les esclaves africains emmènent le vaudou dans leurs âmes. Destination : les Caraïbes et les Amériques. Haïti en fait un emblème, la Louisiane le réinvente, Cuba lui donne de nouvelles couleurs. Aujourd’hui, le vaudou voyage encore. Il vit au Canada, en Europe, avec des groupes comme le Hounfor Konblanmen ou le Lakou sans Lune.
Des racines africaines profondes
Le mot "vaudou" ? Il vient du fon « vodoun ». Un mot qui respire le mystère : esprit, force invisible. Ces croyances s’entrelacent avec les cultes yorubas et akans. De là, un panthéon fascinant émerge. Mawu, créateur bienveillant et inaccessible, règne au sommet. Autour de lui, des esprits s’animent. Papa Legba, gardien des passages, ouvre les portes. Erzulie, déesse de l’amour, incarne la tendresse.
Une adaptation culturelle
Face à l’oppression coloniale, le vaudou a su s’adapter. Les croyances se teintent de catholicisme, les saints deviennent complices. Et en Afrique ? Les forêts sacrées béninoises, abris des divinités, protègent encore aujourd’hui la vie sauvage. Un équilibre magique, entre spiritualité et nature.
FAQ
Où est né le vaudou ?
Pas en Louisiane, ni dans les bayous. Le vaudou, il vient d’Afrique de l’Ouest, du pays Yoruba, du Bénin, du Togo, du Ghana. À l’origine, le mot “vodun” signifie esprit ou divinité. C’est un système religieux ancestral, vieux de milliers d’années. Pas une croyance exotique, mais une cosmogonie. Une vision complète du monde, de l’invisible, du vivant, du sacré.
Quand les colons ont arraché les peuples africains à leurs terres, ils ont aussi arraché leurs dieux. Mais ces dieux-là… ils ont voyagé. Dans la mémoire. Dans le souffle. Dans les chants murmurés la nuit.
Le vaudou s’est enfoui dans les plantations, il s’est mêlé au catholicisme imposé, il s’est déguisé en saints pour survivre. Et il est devenu ce qu’on appelle aujourd’hui le vaudou haïtien, le voudon en Louisiane, le candomblé au Brésil, la santería à Cuba… C’est une même sève, des branches différentes.
Qu’est-ce qu’une sorcière vaudou dans ce contexte ?
C’est une femme qui a hérité de tout ça. Qui connaît le nom des Loas, ces entités du vaudou haïtien. Qui sait composer un autel en y mettant non pas “ce qui brille”, mais ce qui résonne. Une image d’Ogoun, une bouteille de rhum, une mèche de cheveux, une larme séchée.
Elle ne fait pas “de la magie”, elle marche avec les morts, les ancêtres, les voix invisibles. Elle sait que tout a un poids : une parole, une bougie, un geste.
Est-ce qu’il existe plusieurs types de vaudou ?
Oui. Et c’est là que les raccourcis font du mal. Le vaudou n’est pas uniforme. Il évolue selon les lieux, les traumatismes, les métissages.
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Le vaudou béninois est très structuré. Il est même reconnu officiellement comme religion d’État au Bénin. On y célèbre les Voduns, divinités originelles.
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Le vaudou haïtien est un enfant de l’esclavage. Il a mélangé les dieux africains avec les saints catholiques. Il a survécu dans le secret, dans les veillées, dans les danses de possession. Il a été une arme de libération pendant la révolution haïtienne. Ce n’est pas une religion de soumission, c’est une religion de feu.
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Le voudou louisianais, lui, est plus métissé encore. Mélange de spiritualités africaines, de rites catholiques, de traditions amérindiennes, de croyances créoles. On y retrouve des influences françaises, espagnoles… et même un soupçon d’ésotérisme européen.
Chaque territoire a sa langue magique. Ses plantes, ses rituels, ses figures. Mais partout, la sorcière vaudou garde une chose : elle ne ment pas à l’invisible.
Et Marie Laveau, on en parle ?
Impossible de faire une FAQ sans elle. Marie Laveau, c’est la grande prêtresse de la Nouvelle-Orléans. Coiffeuse le jour, magicienne la nuit. Femme libre, respectée, crainte, adulée. Elle connaissait les secrets du corps et de l’âme. Elle soignait, conseillait, protégeait. Elle a marqué la ville au fer rouge.
Encore aujourd’hui, on dépose des offrandes sur sa tombe. On lui parle, on lui écrit. Elle est devenue une figure presque mythologique. Une sorcière, mais aussi une femme politique, une stratège du silence.
Le vaudou est-il encore pratiqué aujourd’hui ?
Plus que jamais. En Haïti, au Bénin, au Togo… mais aussi en France, au Canada, dans les quartiers de New York ou de Marseille. Le vaudou n’a jamais disparu. Il s’est juste déplacé. Il a pris le métro, l’avion, le bateau. Il s’est glissé dans les appartements, entre deux étagères de livres.
Il y a des sorcières vaudou modernes, connectées à WhatsApp, mais aussi aux Loas. Elles savent lire une carte de tarot ET interpréter un rêve selon les anciens codes. Elles mélangent l’ancien et le présent, sans trahir l’un ni l’autre.
C’est quoi le rôle d’une sorcière vaudou aujourd’hui ?
Il n’a pas tant changé. Elle guérit. Elle protège. Elle intercède entre les mondes. Elle peut accompagner une âme perdue, débloquer une situation étouffée, couper un lien toxique.
Mais elle peut aussi dire non. Elle n’est pas au service des caprices. Elle travaille avec l’accord des esprits. Pas comme une servante. Comme une alliée. Elle ne fait pas ce que vous voulez. Elle fait ce qui est juste.
Et parfois… ça pique.
Est-ce qu’un Européen peut apprendre le vaudou ?
La question est délicate. On peut apprendre à respecter, à écouter, à comprendre. Mais s’autoproclamer “sorcier vaudou” sans racines, sans transmission, sans contexte ? Là, c’est glissant. Le vaudou, c’est pas un déguisement. C’est une mémoire sacrée. C’est une blessure coloniale encore vive.
Il existe des initiés blancs. Mais leur parcours est souvent long, profond, traversé par des années d’apprentissage, de silence et d’écoute. Ils n’ont pas 'pris' le vaudou, ils y ont été invités, parfois adoptés, toujours respectueux. Pas après une vidéo TikTok, mais après avoir honoré la mémoire de ceux qui l’ont porté dans leur chair.
Y a-t-il un risque d’appropriation culturelle ?
Oh que oui. Et il faut oser le dire. Le vaudou a été démonisé, interdit, moqué. Aujourd’hui, il est parfois “réapproprié” dans des boutiques ésotériques sans racines. On y vend des “poupées vaudou” fabriquées en Chine, des bougies “rituelles” sans âme.
Cela blesse. Cela trahit. Cela efface la mémoire des ancêtres.
Alors avant de “jouer au vaudou”, il faut se demander : à qui appartiennent ces rites ? Qui les a portés dans la douleur ? Est-ce que je respecte ou est-ce que je consomme ?
La sorcière vaudou ne cherche pas à plaire. Elle cherche à être fidèle à l’invisible.
Et le vaudou dans la culture populaire ?
Il a été maltraité, soyons francs. Hollywood a transformé une spiritualité riche en un décor d’horreur. Des zombies, des aiguilles, des visages peints, toujours exotiques, jamais humains.
Mais petit à petit, des voix s’élèvent. Des artistes haïtiens, béninois, antillais reconstruisent l’image du vaudou. Des livres, des films, des musiques lui redonnent son souffle sacré. On découvre que ce n’est pas une peur. C’est une force. Un chant qui traverse les siècles.
À propos de l’autrice
Diane Lencre, rédactrice pour Rose La Lune Paris, écrit comme on souffle un vœu à la lune. Guidée par les cycles lunaires et portée par une passion sincère pour le bien-être, elle partage des mots de douceur, d’inspiration et de tendresse pour éclairer les chemins intérieurs.
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Diane les lit tous… et prend toujours le temps d’y répondre.
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