Le bruit nous bouscule : comment retrouver une écoute apaisée
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Le bruit nous bouscule : comment retrouver une écoute apaisée

PAR DIANE LENCRE

Le monde parle trop fort

Plus d’un milliard de jeunes risquent une déficience auditive. Pas à cause d’une maladie, non. À cause du bruit. Le quotidien, les concerts, les bars, les écouteurs vissés dans les oreilles, les villes qui hurlent. L’OMS l’a rappelé en mars 2022, à l’occasion de la Journée mondiale de l’audition : l’exposition prolongée à des sons forts, même dits “récréatifs”, abîme l’oreille, fragilise le mental, isole socialement. Ce n’est plus une impression, c’est une réalité mesurée. C’est peut-être même la prochaine pandémie silencieuse : celle du vacarme subi.

Alors, on continue comme si de rien n’était ? Ou on s’arrête deux minutes, juste pour écouter… ce qui se passe vraiment ? Parce que le bruit est devenu la norme. Il s’infiltre, il colle, il agace. Même quand on croit l’avoir semé, il revient par une fenêtre mal fermée, un casque trop fort, un fond sonore qu’on ne remarque plus — mais que notre corps, lui, encaisse.

Ce n’est pas juste un son de trop. C’est un excès de tout. Une saturation de fond qui épuise l’oreille, le corps, l’esprit. Un trop-plein qu’on ne vide jamais. Et à force de vivre dedans, on en oublie ce que c’est, le calme. Le vrai. Celui qu’on choisit. Celui qu’on sent. Celui qu’on écoute.

Écouter devient un luxe

Avant, écouter c'était simple. Aujourd’hui, c’est devenu un super-pouvoir. Il faut filtrer, ignorer, résister. Dans un open space, au téléphone, même dans une conversation banale, notre cerveau lutte. Il trie le bruit pour tenter d’attraper l’essentiel. Et souvent, il échoue. On fait semblant d’écouter.

On entend les mots, mais pas le sens. On répond mécaniquement, on hoche la tête, on dit “oui” sans être là. Parce qu’on est saturé. Par l’extérieur, mais aussi par le bruit mental. Ces pensées qui tambourinent, ces rappels, ces listes, ces “il faut que”. L’écoute consciente est devenue fragile. Et parfois, absente. On devient des coquilles vides, traversées par le son sans jamais le retenir.

Tiens, ça me rappelle une scène

Un café de quartier. Deux personnes se parlent, ou plutôt, essaient. Le brouhaha autour : la machine à café qui souffle, les cuillères qui tintent, un fond de musique, des clients qui rient un peu trop fort.

Et entre elles, une conversation qui glisse. Les mots peinent à se poser. Les regards s’échappent. Ce jour-là, c’était flagrant : le bruit empêchait la présence. C’est tout bête, mais ça résume beaucoup. On vit entourés de sons, mais on ne s’écoute plus. Ni l’autre, ni soi.

Est-ce qu'on peut réapprendre à écouter ?

Heureusement, oui. Ce n’est pas perdu. Il faut juste ruser. Se protéger. Se fabriquer des abris sonores. Ce n’est pas qu’une affaire de volume, c’est une question de choix. Choisir ce qu’on laisse entrer. Choisir ce qu’on accepte de recevoir. Et, parfois, dire non au bruit. Non au trop-plein. Non au vacarme constant.

De petits gestes pour couper le vacarme

On peut commencer par des choses simples. Éteindre les notifications. Ne pas parler en fond pendant qu’on cuisine. Manger sans musique. Marcher sans podcast. Laisser les fenêtres fermées cinq minutes de plus. Ne pas allumer la radio par réflexe. Ces gestes-là, discrets, sont puissants. Ils disent au cerveau : tu peux respirer. Tu n’as pas besoin d’être en alerte tout le temps. Même le silence peut devenir un son agréable. C’est fou, mais il faut le réapprivoiser.

Le son qui soigne

Et si on réapprenait à choisir ce qu’on écoute ? Certains sons calment. Ils nous ramènent. Le feu qui crépite. Une pluie douce sur les vitres. Le bruit du pain qu’on tranche, ce “crrrkkk” qui donne faim rien qu’à l’imaginer. Un drap qu’on secoue. Une page qu’on tourne.

Ces sons-là ne prennent pas, ils offrent. Ils enveloppent, doucement. Et surtout, ils ancrent. Dans le moment. Dans le corps. Dans la sensation. C’est subtil, mais ça fait toute la différence.

Même le silence peut être sonore

Le silence n’est jamais vraiment vide. Il est habité. Il vibre. Il respire. Parfois, il oppresse. Mais parfois aussi, il soigne. Le vrai silence, celui qu’on choisit, pas celui qu’on subit. Le silence apaisant d’un matin lent. Le silence d’un regard partagé. Le silence après une bonne nouvelle, où on n’a pas encore les mots. Celui-là, il fait du bien. Il laisse une trace. Il nous rend disponibles à nouveau.

Dans les relations, le bruit brouille

Ce n’est pas seulement notre cerveau qui fatigue, c’est aussi nos liens. Parce qu’écouter vraiment quelqu’un demande du calme. De l’espace. Pas juste autour, mais en soi. Et qui a encore ça aujourd’hui ? Pourtant, vous le savez : parfois, une écoute sincère, silencieuse, sans interruption, peut faire plus de bien qu’un long discours. C’est rare. Et quand ça arrive, on s’en souvient.

Écouter, c’est aussi se taire

On l’oublie souvent, mais écouter ce n’est pas conseiller. Ce n’est pas répondre. Ce n’est pas juger. C’est juste... être là. Pleinement. Sans bruit de fond. Sans autre pensée en parallèle. Juste une présence. Une oreille offerte. Et croyez-le ou non, ça peut suffire à soulager quelqu’un. C’est simple. Mais dans un monde bruyant, c’est devenu révolutionnaire.

Des bulles de calme à recréer

Il n’est pas nécessaire de partir en retraite silencieuse pour retrouver une écoute apaisée. Mais il faut la cultiver. Comme un jardin. On peut se créer des bulles. Des moments. Une routine. Écouter un disque, les yeux fermés. Écrire à la main, juste pour soi. Lire à voix haute, lentement. S’allonger, et écouter ce qu’on entend (vraiment). Ce ne sont pas des gadgets. Ce sont des gestes de survie sensorielle. Dans un monde qui pousse à l’accélération, ce sont des freins doux. Des ralentisseurs intimes.

Et parfois, ce sont les murs eux-mêmes qui peuvent chuchoter. Il existe des panneaux en bois conçus pour absorber le bruit – les Akupanels, entre autres. Leur nom claque un peu, mais leur effet est tout en douceur. Une surface striée, en lames verticales, qui atténue les échos… et donne au silence une texture boisée.

Ce n’est pas juste joli. C’est une manière de transformer l’espace. De dire au son : ici, tu ralentis. Ici, on respire. Ici, on écoute autrement.

Un seul mur traité, et l’atmosphère change. Plus feutrée, plus intime. Comme si le lieu lui-même faisait une pause.

Et parfois, juste... ne rien faire

Oui, ne rien faire. Pas de but, pas de bruit, pas de productivité à tout prix. Juste s’asseoir et laisser les sons venir, sans les chercher. Peut-être qu’au début, ça grince. Ça chatouille l’impatience. Mais au bout d’un moment, ça respire. Le corps relâche, l’oreille se détend. Et quelque chose d’inattendu revient : l’écoute. La vraie. Celle qu’on croyait perdue, et qui, en réalité, n’attendait qu’un peu de place pour revenir.

Et quand les oreilles elles-mêmes fatiguent ?

Il y a des cas où ce n’est pas le monde qui hurle, mais les oreilles qui lâchent. Elles n'en peuvent plus. Pas juste de fatigue ou de lassitude, mais parce qu'elles n'arrivent plus à suivre. C’est discret au début. Un mot sur deux qu’on ne capte plus, des voix qui semblent lointaines, des phrases qui se brouillent. Et puis un jour, même les choses simples deviennent floues : comprendre ce qu’on vous dit dans un resto bruyant, suivre une conversation en famille, entendre la voix d’un enfant dans un parc agité. C’est là qu’il faut s’arrêter et comprendre ce que permettent vraiment les appareils auditifs dans le bruit. Car ces petites merveilles de technologie ne se contentent pas d’amplifier le son : elles trient, elles filtrent, elles réduisent le vacarme pour faire ressortir ce qui compte. Ce ne sont pas des gadgets, ce sont des alliés du quotidien.

Mais attention, ils ne font pas tout. Certains bruits restent flous, certaines ambiances difficiles. Et il faut du temps. Pour s’habituer, pour ajuster, pour accepter ce nouvel équilibre entre le monde et soi.

Certains modèles d’appareils auditifs sont conçus pour ajuster automatiquement la restitution sonore en fonction de l’environnement. Ils peuvent, selon les cas, proposer des réglages visant à faciliter la compréhension de la parole dans des situations bruyantes, ou atténuer certains bruits de fond.

Les formes, niveaux de visibilité et fonctionnalités varient selon les technologies disponibles. Certaines versions proposent des options de connectivité. Ces dispositifs ne remplacent pas un diagnostic médical. Leur usage doit être recommandé et suivi par un professionnel qualifié, notamment un audioprothésiste ou un médecin ORL.

Et si ce n’était pas le monde qui criait trop fort…

mais un signal venu de l’intérieur ? Ce sifflement discret, mais obsédant, que certains appellent acouphène, pourrait avoir une portée symbolique plus profonde. Pour celles et ceux qui s’interrogent, on a creusé la question ici : 👉 acouphène signification spirituelle

NB : Ce texte ne se substitue pas à un avis médical. Si vous ressentez une gêne, un sifflement persistant, ou un inconfort lié au bruit, pensez à en parler à un professionnel de l’audition. Parce qu’écouter vraiment… c’est aussi s’écouter soi.

À propos de l’autrice

Diane Lencre, rédactrice pour Rose La Lune Paris, écrit comme on souffle un vœu à la lune. Guidée par les cycles lunaires et portée par une passion sincère pour le bien-être, elle partage des mots de douceur, d’inspiration et de tendresse pour éclairer les chemins intérieurs.

Ma manière de travailler:

Je lis beaucoup les traditions anciennes, celles qui éclairent les rêves et les signes depuis des générations. Je m’en inspire, mais je les mêle toujours à ce que j’observe autour de moi, aux histoires que vous partagez, aux gestes silencieux du quotidien. Ce mélange me permet de proposer des lectures qui restent fidèles aux sources, mais qui parlent aussi au cœur d’aujourd’hui.

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Diane les lit tous… et prend toujours le temps d’y répondre.

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