Ma fille de 20 ans ne m'appelle plus: quelle signification spirituelle et symbolique?
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Ma fille de 20 ans ne m'appelle plus: quelle signification spirituelle et symbolique?

PAR DIANE LENCRE

Le téléphone reste muet. Pas de message, pas d'appel, rien. Au début, on se dit : elle est occupée, la fac, les copains, la vie qui va vite à cet âge-là. Puis les jours filent. Les semaines aussi. Et une question s'installe, sourde, un peu lancinante : est-ce que ce silence veut dire quelque chose de plus grand ?

D'abord, redonner sa juste place au concret

Avant de partir vers le symbolique, il faut poser une chose, simplement : à 20 ans, ce silence a très souvent une explication toute bête. Un emploi du temps qui déborde. Une charge mentale déjà pleine à craquer. Parfois même un besoin, tout simplement, de moins dépendre du regard parental. Rien d'ésotérique là-dedans, juste... de la vie qui suit son cours, à sa façon, avec ses maladresses.

Ceci dit, une fois ce constat posé, rien n'empêche de regarder ce silence autrement. Parce qu'un silence, aussi ordinaire soit-il dans les faits, porte presque toujours une charge symbolique pour celui qui le reçoit. Et c'est cette charge-là qui mérite d'être explorée.

Le silence comme rite de passage

Dans beaucoup de traditions symboliques, le passage à l'âge adulte s'accompagne d'un éloignement. Un détachement. Presque une petite mort, au sens initiatique du terme : l'enfant qu'on connaissait laisse place à quelqu'un d'autre, et cette transformation demande de l'espace pour s'accomplir. Le silence, dans ce sens-là, ne serait pas un rejet. Ce serait plutôt... une chrysalide. Un temps où l'être se referme un peu, le temps de devenir autre chose.

C'est drôle, mais on retrouve cette image presque partout : dans les rites de passage amérindiens, dans certaines traditions bouddhistes sur le détachement, dans la psychologie jungienne aussi, avec l'idée d'individuation. Se séparer pour se construire. Le lien ne disparaît pas. Il change de forme, tout simplement, comme une rivière qui change de lit sans cesser d'être une rivière.

Ce que le silence vient parfois toucher, chez soi

Tiens, ça amène à une autre question, plus intime celle-là : qu'est-ce que ce silence réveille, chez le parent qui le reçoit ? Souvent, une peur ancienne. Celle de ne plus être nécessaire. Celle de perdre sa place. L'odeur des céréales du petit-déjeuner qu'on préparait, le bruit de ses pas dans le couloir le matin, tout ce petit théâtre du quotidien qui s'efface peu à peu... ça laisse un vide, forcément.

Spirituellement, ce vide a lui aussi un sens. Beaucoup de traditions parlent du "lâcher-prise" comme d'un passage obligé, pas comme un renoncement. Lâcher ne veut pas dire abandonner. Ça veut dire arrêter de retenir ce qui, de toute façon, était fait pour évoluer. Une fleur qu'on empêche de s'ouvrir finit par pourrir dans le bouton. Un enfant qu'on retient trop fort finit, parfois, par s'éloigner davantage.

Le silence n'est pas la coupure

Il y a une nuance essentielle, et elle change tout : un silence n'est pas une rupture. On confond souvent les deux, dans l'urgence de l'inquiétude. Mais le silence, dans beaucoup de lectures symboliques, appartient au registre du sommeil, pas à celui de la mort. Une graine sous la terre ne parle pas non plus, pendant un temps. Ça ne veut pas dire qu'elle a renoncé à pousser.

Et si ce silence appelait, justement, à autre chose ?

On peut y voir une invitation. Pas à insister, pas à multiplier les messages sans réponse (ça, souvent, ça referme encore plus la porte). Plutôt une invitation à se recentrer sur soi, le temps que le lien retrouve son rythme naturel. Beaucoup de sagesses anciennes, du taoïsme à certaines approches contemplatives occidentales, parlent de cet art de "laisser être" : ne pas forcer un cycle, faire confiance à ce qui reviendra en son temps.

Et ça revient, la plupart du temps. Pas toujours de la même manière, pas toujours au moment où on l'attend. Mais un lien construit sur des années ne s'efface pas en quelques mois de silence, même douloureux. Il se transforme, il se met en veille, un peu comme ces plantes qui perdent leurs feuilles l'hiver sans être mortes pour autant.

Que faire, concrètement, de ce temps-là ?

Plutôt que de ressasser, une piste simple : écrire. Pas pour envoyer forcément, juste pour déposer ce qui pèse. Un journal, quelques lignes, une lettre qu'on garde pour soi. Ça permet de traverser l'attente sans la subir complètement, et souvent, ça aide à clarifier ce qu'on aimerait vraiment dire, le jour où le lien reprendra.

On peut aussi, tout simplement, se demander ce que ce silence vient enseigner. Pas dans un sens moralisateur, non. Juste... qu'est-ce que ça oblige à revisiter, en soi, sur la place qu'on occupe, sur la manière dont on aime, sur ce qu'on attend en retour ? Les silences les plus lourds sont souvent ceux qui, une fois traversés, laissent une relation plus vraie qu'avant.

En résumé

Le silence d'une fille de 20 ans a, la plupart du temps, une explication très terre à terre : l'âge, la vie qui commence ailleurs, le besoin de couper un peu le cordon. Symboliquement, ce silence peut aussi se lire comme un passage, une chrysalide, un temps de sommeil du lien plutôt qu'une rupture. Il invite, souvent, à lâcher prise sans renoncer, et à faire confiance au temps pour que le lien retrouve sa voix.

À propos de l’autrice

Diane Lencre, rédactrice pour Rose La Lune Paris, écrit comme on souffle un vœu à la lune. Guidée par les cycles lunaires et portée par une passion sincère pour le bien-être, elle partage des mots de douceur, d’inspiration et de tendresse pour éclairer les chemins intérieurs.

Ma manière de travailler:

Je lis beaucoup les traditions anciennes, celles qui éclairent les rêves et les signes depuis des générations. Je m’en inspire, mais je les mêle toujours à ce que j’observe autour de moi, aux histoires que vous partagez, aux gestes silencieux du quotidien. Ce mélange me permet de proposer des lectures qui restent fidèles aux sources, mais qui parlent aussi au cœur d’aujourd’hui.

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